Le concert s’ouvrira par la Fantaisie pour orgue n°1 en mi bémol majeur de Camille Saint-Saëns, ce dernier ayant joué un rôle déterminant dans la formation musicale de Clémence de Grandval. En plaçant ces deux œuvres en regard l’une de l’autre, le programme éclaire un dialogue musical inédit entre le maître et son élève, révélant la richesse du répertoire sacré français de la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
Une figure centrale du romantisme français éclipsée par l’histoire
Compositrice célébrée de son vivant, Clémence de Grandval voit pourtant son œuvre disparaître au fil du XXᵉ siècle, victime des préjugés tenaces liés au genre et à la position sociale des femmes artistes. Camille Saint Saëns, l’un de ses maîtres, dénonçait déjà cette injustice concernant la soixantaine de mélodies qu'elle avait composées : « Elles seraient certainement célèbres si leur auteur n’avait le tort, irrémédiable auprès de bien des gens, d’être femme. »
Un Stabat Mater au souffle dramatique et à la profondeur rare
Créé en 1870 au sein du salon parisien que tenait la compositrice, le Stabat Mater fait forte impression, en présence de Bizet, Gounod, Delibes, Ambroise Thomas — Saint-Saëns tenant alors la partie d’orgue et Vincent d’Indy celle de l’harmonium. L’œuvre, construite en neuf grandes sections, mêle ampleur chorale, expressivité mélodique et une écriture harmonique riche typique du romantisme français.
Avec ce concert, le Chœur de Radio France contribue à rendre à cette fresque sacrée la place qu’elle mérite dans le paysage musical du XIXᵉ siècle.