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Coup d’œil pour « Flotter dans l’air » de Dude Low

Coup d'œil de Radio France pour « Flotter dans l'air » de Dude Low
Dude Low © Mélanie Janin

L’indispensable légèreté de l’être

Une mélodie saccadée et répétée par un synthé aux accents new-wave, une guitare modulée par un phaser hérité des guitar-heroes des années 80, des effets cosmiques et des chœurs de voix éthérées rappelant le rock psychédélique des années 70 sur une rythmique soutenue, le mix des époques seventies et eighties fonctionne parfaitement à l’écoute du nouveau single Flotter dans l’Air du rennais Dude Low, qui y imprime son style unique par sa voix claire et haut perchée, entre affirmation et nonchalance.

À l’origine de ce projet solo, le multi-instrumentiste Lucas Benmahammed, vannetais d’origine. Influencé par le rock, la pop alternative et le jazz, il apprend par lui-même la guitare à l’adolescence avant de s’installer à Rennes où il fonde en 2013 le groupe Betty The Nun et celui, deux ans plus tard, de Born Idiot. Cette dernière formation, composée de cinq amis musiciens, s’épanouit largement au-delà des frontières bretonnes par une centaine de concerts et la sortie de deux albums entre 2017 et 2020, le prochain -scoop !- devant voir le jour d’ici la fin de cette année.

Souhaitant explorer de nouvelles esthétiques musicales différentes de celles de son groupe, Lucas écrit et compose alors de nouveaux morceaux qui annoncent son projet personnel qu’il baptise Dude Low, (Le gars d’en bas), et dont le nom, au-delà des clins d’œil à l’acteur Jude Law et au film « The Big Lebowski », semble évoquer avec humilité ses origines modestes, lui qui se définit comme un prolétaire moderne, rappelant à quel point vivre de sa musique est une gageure de nos jours.

Il sort alors fin 2019, en parallèle de son activité musicale de groupe, le single Villa Real, avant de publier l’EP My Days in Cosmos au printemps 2020 dont le titre préfigure déjà l’attrait de Lucas pour l’apesanteur. Les 7 titres qui le composent ont été créés à la suite d’une rupture amoureuse dont il s’évade de la perception douloureuse par une rêverie romantique et éthérée.

Deux années passent avant que sorte son premier album Ego Trip, empreint de hip-hop et de pop psychédélique, où prévalent les thèmes mélancoliques de la solitude et de l’errance comme sublimation de la morosité du quotidien. Ces morceaux anglophones séduisent alors par leur élégance autant les médias francophones, comme la radio FIP, qu’internationaux.

Pendant l’année qui suit, Dude Low peaufine ses sorties discographiques à venir, inaugurées le 23 novembre 2023 par ce nouveau single, Flotter dans l’air, sorti sur les labels Foudrage (FR) et Fogwood Records (USA).

Un morceau mixé et produit par le musicien et ingénieur du son rennais Paul Rosalie (Rozalie), avec lequel il collabore depuis 2015. Ses musiciens studio et live sont aussi des alliés de longue date comme le bassiste Clément Le Goff (Born Idiot), le batteur Lucien Renault (NBL Trio, Kat White) et le guitariste Matthieu Le Corre remplacé pour la suite par le claviériste Théo Besnard (Tallou) venu notamment du jazz.

Cette nouvelle chanson inaugure pour Dude Low le passage à la langue française et annonce la sortie attendue au printemps 2024 d’un second album, francophone celui-ci, qui s’appellera Saint-Hélier, du nom d’un quartier de Rennes allant de la splendeur du parc du Thabor à la désolation des voies ferrées de la gare.

« À force de me réveiller tous les matins avec Flotter dans l’Air tournant en boucle dans ce juke-box qui me sert de cerveau et de ne jamais m’en lasser, ce qui me confirme qu’il a tout d’un banger, je suis curieuse de découvrir les belles surprises du prochain album de Dude Low ! » s’amuse notre déléguée musicale Nord-Ouest, Marjorie Rousseau.

Les paroles de cette chanson à la mélodie addictive évoquent l’abandon au lâcher-prise “Flotter dans l’air, Ne plus rien faire, Et se laisser partir, Partir à la dérive” conduisant aux confins de l’orgasme qui advient lorsqu’on relâche tout contrôle, “Flotter dans l’air, Plus rien à faire, Et se laisse mourir, Mourir de plaisir”. Cette « petite mort » reflète la grande et, comme une illustration des récits d’EMI ou Expériences de Mort Imminente, Dude Low s’élance dans un couloir aux allures de tunnel au bout duquel perce une lumière vive, comme une route menant vers l’au-delà, “Dans la lumière, Vive atmosphère, Le chemin s’élargit, Tout droit vers l’infini”, pour enfin accueillir la richesse de l’aventure humaine révélée dans les instants où, aux portes de l’inconnu, la peur s’efface au profit de la curiosité d’un plus grand savoir “Une nouvelle ère, Aventurière, Laissez-moi dont partir, Partir à l’agonie”. 

Le clip qui illustre Flotter dans l’Air capture l’élan du chanteur dans des multiples sauts, saisissant au ralenti sa quête d’une lévitation infinie. Le décor industriel dépouillé accentue le contraste entre la pauvreté du contexte et la qualité de l’expérience, traduite par l’expression exaltée de son visage, casque audio vissé sur les oreilles, faisant de la musique le sésame de son extase. Tourné par Lucas Martin Delaunay, le réalisateur a choisi pour son clip un grain Super 8 qui lui confère une ambiance hors du temps comme celle qui enveloppe nos souvenirs.

Peu de phrases, peu de mots composent cette chanson qui va à l’essentiel, comme l’urgence de revenir à la simplicité comme socle du plaisir. Des paroles qui s’envolent et tournoient dans un coin de notre esprit, revenant encore et encore nous souffler le rôle indispensable de la légèreté dans nos vies.

▶️ Le clip de Flotter dans l’Air réalisé par Lucas Martin Delaunay 🔽

▶️ La tournée de Dude Low est en construction, retrouvez-le pour son prochain concert confirmé le 6 avril 2024 à Angers (49), Le Garage

■ Suivez les aventures de Dude Low sur Instagram et Facebook

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