Le 2 juillet 2025, Timoty G., 18 ans, est interpellé à proximité de son lycée de Saint-Étienne avec deux couteaux dans son sac. Repéré en amont par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) sur les réseaux sociaux, cet élève s'apprêtait à cibler quatre jeunes femmes de son établissement. Il se revendique de la mouvance « incel », une frange radicale du masculinisme. C'est une première en France pour un adepte de cette idéologie.
La cellule investigation de Radio France a exceptionnellement interviewé un membre de la DGSI, qui suit cette menace de près. Le renseignement intérieur français pointe une « potentialité terroriste forte » de ce courant, aux nombreux points de convergence avec l'ultra-droite. Les incels représentent entre 10 et 20 % de la menace terroriste d'ultra-droite, elle-même deuxième menace sur le territoire national après le djihadisme.
La DGSI constate que la radicalisation masculiniste concerne des profils plus jeunes, plus dangereux et une radicalisation plus rapide. À ce jour, plusieurs dizaines de mineurs ont été identifiés par le renseignement français et font l’objet d’une « prise en charge par divers services de l’État ».
Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, souligne la nécessité “d’observer [cette menace] et de se former à y répondre si elle se concrétisait davantage sur notre territoire.” Comment cette idéologie se diffuse-t-elle sur les réseaux sociaux et dans les écoles ? Quels signaux précèdent le passage à l'acte ? Comment ce discours infuse dans la société ?
Une enquête de Laetitia Cherel (avec la collaboration de Raphaël Cannesant), présentée par Benoît Collombat.