Ile Maurice. Hommage à Ti Frère
Séga, musique de l’exil
Durée 67:21
La voix de Ti Frère s’élève, seule dans le silence. Elle grince et chuinte, elle grimace et se moque, elle crie, racle et gémit, elle menace puis elle se fait très douce et tendre, et voici qu’avec elle arrivent les voix multiples du peuple mauricien, et que commence le balancement des reins des matrones et des jeunes filles, une onde magique qui parcourt les corps, tandis que les pieds battent le sol et que monte l’odeur du feu sur la plage dans la tiédeur de la nuit peuplée d’insectes et d’esprits dans le vent qui fait bruisser les aiguilles des filaos, avec la mer qui respire sur les brisants (…).
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Là où l’Afrique s’est mêlée au reste du monde, elle a laissé des traces profondes. Ces traces sont orales : les esclaves sont partis les mains vides, avec leur mémoire, leur voix, leur corps, et donc leurs chants, leurs rythmes, leurs danses. Et ces traces, malgré les interdictions des maîtres, ont grandi jusqu’à devenir l’expression musicale originale de nombreux peuples. Cet itinéraire est aussi celui du séga, musique de l’exil, qui est le chant et la danse traditionnels du peuple de l’Ile Maurice et de Rodrigues, mais aussi d’autres îles de l’Océan Indien, comme les Seychelles et la Réunion.
Rappel :
ILE MAURICE | Fanfan - Séga ravanne. Ocora Radio France C 561137
ILE DE LA RÉUNION | Firmin Viry - Maloya. Ocora Radio France C 561138
ILE MAURICE | Tambour Ravanne. Ocora Radio France C 560221
MADAGASCAR | Pays Bara. Ocora Radio France C 561089
Tribute to Ti Frère. Séga, Music of Exile
The voice of Ti Frère rises up, alone in the silence. A voice with an edge and a hiss, grinning and derisive, shouting, rasping and groaning, it threatens and then becomes very sweet and tender, and with it now come all the manifold voices of the Mauritian people: matrons and young girls begin to sway their hips, a magic wave running through their bodies, as their feet beat time and as the fire on the beach is smelt in the warmth of a night thronged with insects and spirits and on the wind which rustles the filao needles backed up by the sea breathing on the breakers (…).
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Wherever she came into contact with the outside world, Africa’s influence was profound. Slaves left empty-handed with nothing but their memories, voices, bodies, and therefore their songs, rhythms and dances. And these traces grew, despite their new masters’ prohibitions, into the unique musical expression of many a people throughout the world. This was how the séga, the music of exile, evolved into the traditional song and dance of the people of Mauritius and Rodrigues, and of other Indian Ocean islands too, like the Seychelles and Réunion.
